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CIE et les centre de détention pour migrants en Espagne, en bref

12 June 2021

Lire l’article en anglais.

Le mouvement Regularización Ya qui lutte pour la légalisation des migrants en Espagne est étroitement lié au mouvement CIEs No. Ils croient qu’un monde sans centres de détention pour migrants est possible.

CIEs EXPLIQUÉS

Il existe deux types de centres de détention de migrants en Espagne : les Centros de Internamiento de Extranjeros (CIE) et les Centros de Estancia Temporal de Inmigrantes (CETI). Il y a huit CIE actifs en Espagne, alors qu’il n’y a que deux CETI : un à Melilla et un à Ceuta, deux enclaves espagnoles sur la côte nord de l’Afrique, à la frontière du Maroc.

Les CETI sont les principaux points d’accès à l’Espagne, où les personnes peuvent être détenues indéfiniment jusqu’à ce que leurs papiers soient traités, ou expulsées si leur demande de migration est rejetée. Les CIE, quant à eux, sont le lieu de détention des personnes qui ont déjà migré en Espagne, pour une durée légale ne dépassant pas 60 jours. 

Il existe plusieurs raisons pour lesquelles une personne peut être détenue dans un CIE :

  • Ne pas disposer des documents de résidence appropriés ;
  • Travailler sans permis de travail (même si l’on possède un permis de séjour) ;
  • Participation à des activités portant atteinte à l’ordre public ou à la sécurité de l’État ;
  • Participer à des activités qui mettent en danger les intérêts espagnols ou les relations avec d’autres pays ;
  • Condamnation pour un délit passible d’une peine d’emprisonnement de plus d’un an dans un autre pays ;
  • Falsification ou dissimulation d’informations au ministère de l’Intérieur ;
  • Participer à toute activité illégale.

La réglementation sur la détention des migrants en Espagne laisse une large place à l’injustice. Bien que ces points soient plus ou moins concrets, les migrants peuvent facilement se retrouver dans des situations où les autorités considèrent leurs actions comme un motif de détention, par exemple le fait de ne pas respecter le couvre-feu parce qu’ils sont sans abri.

Une fois qu’une personne est détenue dans un CIE, une enquête commence afin de l’identifier. Si une personne détenue est identifiée, elle est expulsée vers son pays d’origine. Si l’identification est insuffisante dans un délai de 60 jours, le détenu est libéré, mais il est laissé dans un vide juridique et ne bénéficie pas des droits qui s’appliquent aux citoyens ou aux résidents – il ne peut pas non plus être rapatrié. La plupart des personnes soumises à cette situation de flou sont des mineurs non accompagnés, pour lesquels il est souvent plus difficile de trouver une identification substantielle. 

VIOLATIONS DES DROITS DE L’HOMME

Les CIE sont essentiellement des boîtes noires pour le public. Il existe peu d’informations ou de documentation sur ce qui arrive réellement aux personnes détenues dans un CIE, ce qui laisse d’énormes possibilités de violations des droits de l’homme.

La Informacion! rapporte que dans le CIE d’Aluche, les informations sur le statut juridique des détenus sont limitées et qu’il n’existe pas de système permettant de signaler les abus. Il n’y a pas de caméras dans les chambres où les gens dorment, dans les salles de bains ou dans les zones où les détenus sont fouillés. Il n’existe pas non plus de moyen officiel d’obtenir les vidéos prises par les caméras de sécurité.

En outre, d’anciens détenus ont fait état d’un recours régulier à l’isolement, d’une communication limitée ou difficile avec le monde extérieur et de violences verbales de la part des gardiens.

Le plus choquant est l’état des soins de santé dans les CIE. Alors que les CETI disposent de cliniques à l’intérieur des établissements avec du personnel permanent rémunéré, rien de tel n’existe à l’intérieur des CIE. À Aluche, il n’y a pas d’espace réservé aux soins médicaux et les détenus dépendent presque entièrement des bénévoles de la Croix-Rouge pour leur fournir un soutien médical. Être détenu dans un CIE signifie que le droit aux soins médicaux et le droit à la confidentialité médicale ne sont pas garantis. Si votre expulsion est confirmée, vous ne pouvez pas bénéficier d’un examen médical entre la confirmation et l’expulsion.

ENFERMÉ À DOUBLE TOURS

Le CIE de Madrid à Aluche a ouvert en 2005 avec une capacité de 214 détenus. Le centre de détention a fermé le 2 avril 2020 en raison de son incapacité à se conformer aux normes sanitaires Covid-19, et le 9 mai, tous les CIE d’Espagne avaient été fermés pour la même raison. Cependant, à l’automne, le ministère de l’Intérieur a commencé à les rouvrir.

Aluche a rouvert en septembre, en précisant que seules 67 personnes pouvaient être détenues à la fois en raison de la nouvelle réglementation Covid-19. Dès sa réouverture, 46 personnes ont été immédiatement placées en détention, sans aucune garantie qu’elles seraient libérées après avoir passé le maximum légal de 60 jours en détention. La fermeture des frontières en raison de la pandémie signifie que les détenus ne peuvent pas être expulsés, ce qui les laisse emprisonnés jusqu’à ce que le confinement national de l’Espagne soit terminé.

GRÈVE DE LA FAIM

Le 28 octobre de l’année dernière, les détenus ont entamé une grève de la faim pour protester contre la réouverture des CIE en Espagne. L’accès aux soins médicaux leur serait refusé et les détenus affirment que la police leur dit que leur grève est vaine.

LES ACTIVISTES DES CIEs NON MADRID

Une affiche appelant à la protestation contre la fermeture des CIEs

CIEs No Madrid est une plateforme qui fait constamment campagne pour la fermeture de tous les centres de détention de migrants en Espagne. Ils dénoncent le racisme institutionnel au sein du système judiciaire, soulèvent des soupçons quant à la mort de détenus, luttent pour un changement de loi et de système et sensibilisent le public aux horreurs qui se déroulent à l’intérieur des centres de détention d’Espagne (et plus particulièrement de Madrid).

Nous avons demandé aux CIEsNo s’ils peuvent imaginer un monde sans CIEs :

Nous poursuivons avec beaucoup d’espoir la fermeture de lieux comme les CIE. Nous pensons qu’il est possible de construire un monde plus juste dans lequel les gens ne sont pas traités différemment en fonction de leur situation administrative, qui est utilisée comme une justification pour maltraiter, harceler et priver les migrants de leurs droits fondamentaux, en particulier pendant qu’ils sont enfermés dans ces lieux et subissent le processus d’expulsion.

Il est inacceptable que dans un état de droit, on manque de droits comme la santé, la communication, la dignité, tout cela pour une infraction administrative mineure comme le fait de ne pas avoir de papiers. La souffrance consciente infligée par la loi sur l’immigration en enfermant et en expulsant des personnes pauvres vers leur pays d’origine a des conséquences sur leur vie, que les États européens ne prennent pas en charge, exposant ainsi le racisme institutionnel.

L’émigration est un droit.

INFO

Suivez les mouvements antiracistes :

En savoir plus :

  • Les plateformes antiracistes de Madrid ici ;
  • Les mouvements activistes de Madrid ici.

Cet article a été écrit en collaboration avec Melina Vanni-González.
Traduction : Maëlle Lafond (twitter @maellelafond)

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